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Le coût des téléphones publics augmente, mais à quand remonte votre dernière utilisation?

Le coût d'utilisation des téléphones publics passe de 25 à 50 cents en Atlantique, lundi. Une première augmentation en plus de vingt ans, qui permet à Bell d'uniformiser les frais d'utilisation pour ses quelque 50 000 cabines au pays.

Un texte de Nicolas Pelletier

Sauriez-vous dire où se trouve la cabine téléphonique la plus proche de chez vous?

De nombreux passants de Moncton interrogés au centre-ville de Moncton sont incapables de répondre. Certains ne se rappellent même pas à quand remonte leur dernière utilisaton d'une cabine.

« La dernière fois, ça devait être en 2000 ou en 2005 », se souvient Éric Poirier, originaire de Dalhousie. « Je me demande si je m’en suis déjà servi, pour être honnête! », avoue de son côté Pierre-Paul Picard, 25 ans.

Pourtant, les cabines téléphoniques sont encore utilisées.

Au dépanneur Roy’s Convenience de Moncton, le propriétaire Roy Shakibaei confirme que de nombreuses personnes utilisent l’appareil installé devant son commerce.

« Ça génère de l’achalandage autour du magasin, mais ça ne se traduit pas toujours par une augmentation de la clientèle, lance-t-il. Disons que ç'a ses avantages et ses inconvénients », lâche-t-il, préférant ne pas trop s’avancer sur un profil type de l'utilisateur.

Signe que le téléphone portant encore le logo de l'ancienne compagnie « NB Tel » est loin d’être tombé dans l'oubli, Roy Shakibaei raconte qu’il arrive souvent que le conteneur à monnaie soit plein et que le téléphone n’accepte plus d’argent.

Encore présents dans des endroits clés

Bell Aliant explique sa décision d’augmenter le coût d’utilisation de ses téléphones publics par le déclin important de leur usage, attribuable à la pénétration importante des téléphones cellulaires dans le marché.

L’entreprise stipule qu’elle « continue de veiller à ce qu’ils soient abordables et accessibles, surtout dans les endroits très achalandés, comme les centres commerciaux, les aéroports et d’autres installations de transport, les hôpitaux et d’autres installations communautaires. »

Vérification faite, des téléphones sont toujours présents et actifs au centre commercial Champlain de Dieppe et au Centre hospitalier universitaire Georges-L.-Dumont de Moncton.

En revanche, de nombreuses cabines ont été retirées des lieux publics ces dernières années et ne seront pas remplacées. Bell affirme toutefois continuer de réparer les cabines défectueuses, même si certaines semblent être abandonnées.

Réinventer la cabine téléphonique

Objets mythiques d'une époque disparue avec l'arrivée des communications sans fil, les cabines téléphoniques pourraient toutefois trouver une nouvelle vocation.

Au Royaume-Uni, certaines cabines emblématiques de Londres ont troqué leur couleur rouge pour le vert en devenant des bornes de recharge électriques pour voitures, vélos et, ironie du sort, pour téléphones cellulaires.

Dans la campagne anglaise, certaines d’entre elles ont été reconverties en stands de livres usagés ou en petites galeries d’art. New York a opté pour en transformer quelques-unes en point d’accès à Internet.

« Ce serait vraiment une bonne idée de faire ça ici! », réagit la résidente de Moncton Diane Comeau, qui reconnaît que la disparition des cabines téléphoniques la rend un peu nostalgique.

« Je viens de Baie Sainte-Marie, en Nouvelle-Écosse, où la cabine téléphonique est à côté du Tim Hortons. Je suis certain que ce serait populaire! ».

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