La lutte contre le sida pourrait bien connaître de nouveaux développements d'ici quelques années. Des recherches dirigées par un professeur de l'Université Laval ont permis de mettre au point une molécule qui a allongé la vie de singes infectés par la version animale du VIH.

Un texte de Carl Marchand

Le professeur Jérôme Estaquier a amorcé ses recherches sur le sujet bien avant son arrivée au Québec, en 2012. Après neuf ans de travaux, son équipe a récemment publié ses conclusions dans le Journal of Clinical Investigation.

Les chercheurs de l'Université Paris Descartes et du Centre de recherche du CHU de Québec ont injecté à six reprises la molécule nommée Q-VD à des singes infectés par le virus d'immunodéficience simienne (VIS). Chaque injection était espacée de deux à trois jours.

La molécule a été produite en s'inspirant de ce qu'on observe chez les singes. Alors que des espèces d'Afrique portent le virus du VIS sans que le sida se développe, la maladie se développait chez d'autres espèces en Asie.

On souhaitait donc reproduire ce qui empêchait certaines cellules de mourir.

« Lorsque les animaux sont traités en phase de prime infection, ils survivent au-delà des contrôles, au moins sur un à trois ans », explique le directeur de recherche.

Concrètement, la molécule empêche la mort de certaines cellules, ce qui limite la propagation de l'infection. Le sida ne se développe pas chez les singes traités.

Les résultats sont encourageants, estime Jérôme Estaquier, qui indique qu'il faudra cependant patienter avant de penser utiliser la molécule chez l'homme.

« On a encore quelques essais à faire chez le primate avant de passer à un quelconque essai clinique. L'objectif, c'est de pouvoir porter une molécule d'ici deux ans », précise-t-il.

La découverte pourrait potentiellement être utilisée conjointement avec d'autres traitements contre le sida déjà existants. Elle pourrait permettre d'améliorer les défenses du système immunitaire.

« On est en discussions avec un certain nombre de compagnies pour faire justement ces essais », conclut Jérôme Estaquier.

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